Il y a un classement qui, chaque année, remet en question tout ce qu’on croit savoir sur la vie dans nos villes.Le Happy City Index 2026 — qui en est à sa sixième édition et qui a été officiellement présenté au Parlement britannique à Londres — a analysé 251 villes à travers le monde pour répondre à une question simple mais forte : où vit-on vraiment bien ?
Les résultats, basés sur six dimensions fondamentales du bien-être urbain, réservent plus d’une surprise à l’Italie et à ceux qui vivent à Milan. En particulier, il y a un chiffre qui donne à réfléchir plus que les autres : la ville a perdu 55 places en un an seulement.
Qu’est-ce que l’Happy City Index : le classement mondial de la qualité de vie urbaine

L’Happy City Index n’est pas un énième classement basé sur des perceptions subjectives ou des sondages de satisfaction. C’est une étude scientifique et systématique développéepar l’Institute for Quality of Life qui évalue les performances urbaines à travers 64 indicateurs précis, regroupés en six catégories : Citoyens, Gouvernance, Environnement, Économie, Santé et Mobilité.
L’objectif déclaré n’est pas de couronner une seule « meilleure ville du monde », mais d’identifier les centres urbains capables de concilier qualité de vie, durabilité, bonne gestion et résilience dans le temps.
Parmi les paramètres évalués, on trouve des éléments mesurables et concrets : de l’accessibilité au logement au taux de recyclage, de la participation électorale à la part de mobilité durable, de la couverture sanitaire à la qualité des espaces verts.
Les villes italiennes les plus heureuses en 2026 : le classement complet
Aucune ville italienne ne parvient à entrer dans la catégorie dite « Gold », réservée aux 50 premières places. La nouvelle, en soi, n’est pas nouvelle, mais les chiffres de cette année racontent une histoire plus complexe et, dans certains cas, d’une clarté brutale.
La ville italienne la mieux classée est Bologne, à la 73e place avec 6 258 points, un résultat qui récompense la ville émilienne pour sa cohérence sur plusieurs fronts : gouvernance, accessibilité des services, qualité de vie perçue. Elle est suivie par Parme, 77e avec 6 232 points. Milan ferme le podium italien,à la 80e place avec 6 183 points.
Milan chute de 55 places : qu’est-ce qui a mal tourné ?

Le chiffre concernant Milan est le plus frappant, et ça vaut le coup de s’y attarder. En 2025, Milan était 25e au classement mondial, une place de tout premier plan au niveau international. En 2026, elle dégringoleà la 80e place, perdant 55 places en un an seulement. Comment est-ce possible ?
La réponse est dans les chiffres : une bonne performance administrative — que l’indice continue de reconnaître à Milan — ne compense plus les déficits sur d’autres fronts. La qualité de l’air se détériore, suivant une tendance généralisée dans les grandes villes du nord de l’Italie. Le rapport entre les revenus et le coût des loyers, l’un des indicateurs les plus pondérés dans la méthodologie, pénalise lourdement une ville où trouver un logement à un prix abordable est devenu un défi structurel.
À cela s’ajoute une mobilité publique qui, bien qu’en reprise après la pandémie, n’a pas encore atteint les niveaux des métropoles européennes de référence.
Enfin, un chiffre dérangeant : le sentiment de sécurité nocturne à Milan est parmi les plus bas de l’échantillon italien, avec moins de 30 % des habitants qui se disent à l’aise pour se promener seuls la nuit.
Quelles sont les villes les plus heureuses du monde en 2026
Qui domine le classement du Happy City Index 2026 ? Le podium n’est pas surprenant :
🥇 Copenhague (Danemark) — 6 954 points.
🥈 Helsinki (Finlande) — 6 919 points.
🥉 Genève (Suisse) — 6 882 points.
Pour compléter le top 10 : Uppsala (Suède, 4e), Tokyo (Japon, 5e), Trondheim (Norvège, 6e), Berne (Suisse, 7e), Malmö (Suède, 8e), Munich (Allemagne, 9e) et Aarhus (Danemark, 10e).
Trois zones géographiques dominent le classement : la Scandinavie, la Suisse et le Japon, éloignées culturellement, mais qui convergent sur un point essentiel : la capacité à construire des villes qui fonctionnent concrètement pour ceux qui y vivent au quotidien.